Le regard se perd dans un brouillard d'un vert de verre marin, dense et sans horizon, où chaque point lumineux est une cellule d'*Ostreococcus tauri* — le plus petit eucaryote photosynthétique connu, à peine 0,8 micromètre de diamètre, à la limite exacte entre particule et longueur d'onde visible. Si proches qu'elles se confondent avec le milieu lui-même, des milliards de ces sphères translucides teignent collectivement l'eau de leur chlorophylle, transformant le fluide interstitiel en une substance vivante d'un jade pâle qui s'épaissit vers le sarcelle là où la densité cellulaire augmente. Chaque cellule qui dérive à portée révèle son chloroplaste unique, volumineux, pressé contre la membrane comme un noyau sombre dans une bille de verre, avant de basculer sous l'effet du mouvement brownien et de se fondre à nouveau dans la lueur collective. La profondeur ne se lit pas en distance mais en saturation chromatique : les cellules proches sont des lanternes viridines distinctes, celles situées à deux ou trois micromètres déjà fantômes, leurs contours dissous dans le rayonnement ambiant de la suspension qui s'étend, tremblante et respirante, dans toutes les directions sans plancher ni plafond.
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