Siège Viral sur Cellule
Phytoplancton & coccolithophores

Siège Viral sur Cellule

Le regard effleure une immensité courbe et tremblante — la membrane plasmique d'une coccolithophore, tendue comme une peau de tambour sur la pression intérieure de la cellule, ses domaines lipidiques irisés glissant du bleu ardoise au violet pâle sous l'effet d'une interférence en couche mince que l'œil perçoit sans pouvoir la saisir. Des forêts de glycoprotéines hérissent cette surface comme des récifs coralliens miniatures, et contre elles s'appuient, en douzaines d'endroits, des capsides icosaédriques du virus EhV : certaines géométriquement parfaites, leurs vingt facettes triangulaires captant une lumière froide et diffuse venue de nulle part, d'autres effondrées sur elles-mêmes, leur symétrie brisée après injection du génome viral, creusant dans la membrane une fossette de capitulation biologique. À travers la paroi translucide, le cytoplasme luit comme du verre ambré embrumé, et dans ce flou intérieur, de denses masses pourpres et magenta s'accumulent — de nouvelles particules virales en cours d'assemblage, envahissant compartiment après compartiment, appuyant contre la membrane de l'intérieur jusqu'à la faire bomber. Aux confins de cette surface assiégée, les plaques de calcite des coccolithes se dressent en contreforts céramiques blancs, leur géométrie en roue-et-rayons dispersant la lumière en éclairs prismatiques, tandis que la catastrophe moléculaire se déroule en silence, chaque angström de surface contestant la frontière entre la chimie de la cellule et le programme viral qui l'écrase.

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