Coupe de Diatomite Temps Profond
Diatomées

Coupe de Diatomite Temps Profond

Vous êtes enchâssé dans la chair minérale d'une falaise de diatomite du Miocène, suspendu dans une coupe polie où dix millions d'années tiennent dans chaque centimètre carré de roche blanche. Autour de vous s'étend une mosaïque dense et pâle de frustules fossilisées : des colonnes de valves de *Melosira* empilées comme des pièces de silice, leurs stries concentriques encore résolues dans la pierre ; un disque de *Stephanopyxis* large comme une cathédrale en coupe transversale, ses loculi hexagonaux formant une paroi en nid d'abeilles de verre opaque ; des *Nitzschia* pennées fichées en oblique, leurs raphés striés à peine voilés par la diagenèse sans en être effacés. Les espaces poraux entre les cellules comprimées apparaissent comme une obscurité absolue, des lacunes de néant qui font rayonner par contraste la silice environnante d'un blanc ivoire froid et diffus — la lumière semble sourdre de la matrice elle-même plutôt que de lui parvenir de l'extérieur. Près du bas du champ, un fragment d'écaille fossile de poisson courbe sa surface lisse à travers la mosaïque, seule chaleur ambrée dans un monde par ailleurs entièrement minéral, témoin silencieux que ce compactage de géométries biologiques nano-résolues fut jadis, avant sa lithification, un fond océanique vivant.

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