Dans un espace liquide d'à peine trois millimètres, suspendu à l'intérieur de la maison muqueuse d'*Oikopleura dioica*, le regard se perd sur une unique structure en ruban de verre — la queue de la larvacée, figée en plein battement par la lumière stroboscopique, dessinant une courbe en S d'une perfection presque irréelle. Le long de son axe central court la notochorde, colonne de cellules vacuolées biconvexes empilées comme des lentilles de verre remplies d'eau, chacune concentrant la lumière bleu-vert diffuse de l'océan en un trait lumineux froid et net, flanqué de feuillets musculaires striés dont les stries transversales, à peine perceptibles, trahissent l'ordre biologique rigoureux qui gouverne chaque battement. Les membranes natatoires latérales n'existent qu'à la limite de la résolution optique, chacune réduite à une frange d'interférence irisée — violet pâle virant au blanc argenté — qui tremble au bord du ruban translucide. Derrière la queue, l'eau de la chambre intérieure n'est pas tout à fait immobile : de fines particules colloïdales, ambrées et dorées dans la lumière filtrée, décrivent de lents arcs circulaires, traçant en pointillés le sillage tourbillonnaire du dernier battement, vortex en train de se dissoudre lentement dans la quasi-immobilité du milieu confiné.
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