Bloom Glacial de Pléurobrachia
Cténophores

Bloom Glacial de Pléurobrachia

Dans les eaux sombres d'un loch écossais en février, une constellation de petites sphères translucides dérive en suspension dans la colonne d'eau : des Pleurobrachia pileus, cténophores de la taille d'une bille, dont les corps en mésoglée quasi-invisible — une gelée viscoélastique accordée à l'indice de réfraction de l'eau froide — ne se trahissent que par un léger scintillement rosé-ambré parcourant leurs huit rangées de peignes ciliaires en vagues métachronales lentes. Chaque individu renferme en son centre une lueur vert céleri, reflet de son contenu digestif, tandis que des tentacules gossamer de quinze centimètres s'étirent derrière lui dans la turbidité chargée de fragments de diatomées, leurs colloblastes invisibles tendus comme des fils d'araignée dans le brouillard hivernal. À cette profondeur de quinze mètres, la lumière de surface ne parvient plus qu'en un rayonnement vert-jade diffus et sans direction, supprimant toute ombre, créant une immobilité pressée dans laquelle ces animaux — constitués à 97 % d'eau — semblent moins nager que simplement exister, suspendus entre deux états de la matière. La fronde sombre d'un fucale sur la gauche du cadre rappelle seule qu'il existe ici quelque chose de solide, de réel, ancré — tout le reste appartient au domaine du gel et de la lumière froide.

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