Intérieur des Grана Thylakoïdes
Cellules eucaryotes (tissus)

Intérieur des Grана Thylakoïdes

Devant vous s'élève une tour de quinze disques membranaires empilés avec une précision absolue — le granum —, chacun émettant un vert émeraude profond et intrinsèque, non pas coloré mais vivant, issu des milliers de complexes protéiques du photosystème II et des antennes collectrices de lumière noyés dans la bicouche lipidique. Entre chaque membrane, un mince espace luminal d'un jaune citron pâle sépare les disques comme des joints lumineux dans une maçonnerie translucide, où les protons migrent en gradients invisibles mais presque perceptibles dans la légère asymétrie de la lumière. La surface de chaque disque se résout, à cette proximité, en une mosaïque de têtes protéiques légèrement saillantes, si densément tassées qu'elles laissent à peine entrevoir la membrane lipidique nue en dessous. Des lamelles stromales s'étendent horizontalement comme des rubans d'émeraude, reliant cette tour aux colonnes voisines estompées dans le brouillard macromoléculaire du stroma, tandis que des plastoglobules — sphères ambrées et luisantes, riches en lipides — dérivent parmi les masses pâles et irrégulières des complexes RuBisCO qui encombrent chaque ligne de vue. L'ensemble baigne dans une lumière omnidirectionnelle sans source, filtrée par les couches de chlorophylle qui enveloppent cet espace intérieur d'une forêt de vert superposé, à la fois absorbant et rayonnant.

Autres langues